projet de Loi BLANQUER

Chers parents,
Lors du conseil de classe du 19/03/19 (également un jour de grève pour l’éducation nationale), l’équipe enseignante du Petit Bois nous a fait part de ses inquiétudes après lecture des textes du projet de Loi BLANQUER « pour une école de la confiance ».
Nous souhaitons vous faire part de quelques éléments de ce projet de loi qui ont été évoqués lors du conseil et qui expliquent entre autre pourquoi l’équipe enseignante fait grève et se mobilise contre ce projet de Loi.
Pour consulter l’intégralité de ce projet de loi, vous pouvez vous connecter ici : http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl1481.asp
Il nous apparaît important que vous ayez connaissance de ces éléments et des inquiétudes soulevées par l’équipe enseignante au sujet de l’éducation de nos enfants.

Nous vous informons également que si vous souhaitez soutenir l’équipe enseignante vous pouvez vous mobiliser à leur côté lors des manifestations. Pour cela, merci de vous rapprocher directement des enseignantes.

VOICI QUELQUES EXTRAITS CHOISIS ET ABORDES LORS DU CONSEIL :

Nouveau conseil d’évaluation :

"L’article 9 met en place un nouveau conseil d’évaluation de l’école, qui intégrera en partie les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO).
Au cœur du ministère par l’avis que rendra le ministre sur son programme de travail et par la présence des chefs des principaux services producteurs internes d’évaluations, tout en disposant des garanties suffisantes d’indépendance, ce nouveau conseil d’évaluation de l’école a pour ambition, grâce au périmètre très large des évaluations qu’il examinera et pilotera pour les nouvelles évaluations d’établissements, de devenir un instrument efficace et reconnu d’évaluation de l’efficacité du système scolaire français."
Le conseil d’évaluation de l’école est composé de douze membres de nationalité française et étrangère. Il comprend, à parité de femmes et d’hommes pour chacun des collèges mentionnés aux 1° et 2° :
« 1° Quatre personnalités choisies par le ministre chargé de l’éducation nationale pour leur compétence en matière d’évaluation ou dans le domaine éducatif ;
« 2° Deux députés et deux sénateurs ;
« 3° Quatre représentants du ministre chargé de l’éducation nationale.
« Les membres mentionnés au 2° sont désignés pour la durée de leur mandat parlementaire. La durée et les modalités de renouvellement du mandat des membres mentionnés au 1° sont fixées par décret.

Les inquiétudes soulevées sont que ce nouveau conseil d'évaluation des politiques éducatives ne soit plus indépendant car les personnels qui constitueront ce nouveau conseil seront sous tutelle directe du ministère.

Article 9 (suite) : sur le conseil d'évaluation de l'école :

Il veille à la cohérence des évaluations conduites par le ministère chargé de l’éducation nationale portant sur les acquis des élèves, les dispositifs éducatifs et les établissements d’enseignement scolaire. À ce titre, il établit une synthèse des différents travaux d’évaluation sur le système éducatif et a pour mission d’enrichir le débat public sur l’éducation ;
« 2° Il définit le cadre méthodologique et les outils des évaluations des établissements conduites par le ministère chargé de l’éducation nationale et analyse les résultats de ces évaluations ; il s’assure de la fréquence régulière de celles-ci et définit les modalités de leur publicité ;

L’équipe enseignante est opposée aux évaluations nationales actuelles (forme, fond...) car elle les trouve « traumatisantes » pour les élèves et non objectives. Elle considère aussi que leur expertise en tant que professeures des écoles est bafouée par ces évaluations. Nous avons été informés que ce conseil d'évaluation étendra cette pratique (qui n'a touché que les CP et CE1 cette année) à toutes les classes.

Recrutement des personnels enseignants

"Afin de développer le pré recrutement des personnels enseignants, l’article 14 modifie l’article L. 916-1 du code de l’éducation pour prévoir que certains assistants d’éducation inscrits dans une formation dispensée par un établissement d’enseignement supérieur délivrant un diplôme préparant au concours d’accès aux corps enseignants ou d’éducation peuvent exercer, de manière progressive et dans une perspective de préprofessionnalisation, des fonctions pédagogiques, d’enseignement ou d’éducation. Les conditions de sélection de ces assistants d’éducation ainsi que les modalités selon lesquelles ils pourront exercer des fonctions pédagogiques, d’enseignement ou d’éducation seront fixées par décret."

L’équipe enseignante trouve inacceptable que des étudiants non suffisamment formés soient en responsabilité de faire la classe pour des remplacements : dans l'intérêt des enfants, il faut des enseignants formés et correctement rémunérés pour le faire.

Début de l'amendement N°AC501 de l'article 6 :

"Les établissements publics des savoirs fondamentaux sont constitués de classes du premier degré et du premier cycle du second degré. Ils regroupent les classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles situées dans le même bassin de vie.
Ces établissements sont créés par arrêté du représentant de l'État dans le département sur proposition conjointe du département et des communes ou établissements publics de coopération intercommunale de rattachement du collège et des écoles concernés, après conclusion d'une convention entre ces collectivités.
L’établissement public des savoirs fondamentaux est dirigé par un chef d’établissement qui exerce les compétences attribuées au chef d’établissement par l’article L. 421 3. Un directeur-adjoint exerce, sous son autorité, les compétences attribuées au directeur d’école par l’article L. 411 1 et assure la coordination entre le premier degré et le second degré ainsi que le suivi pédagogique des élèves et anime le conseil des maitres"

L’équipe enseignante y voit la volonté de supprimer la fonction de direction d'une école par un professeur des écoles. De plus, elle regrette que ce type de structure ne permettra plus l'exercice du conseil d'école (proximité, dialogue entre les parents et les enseignants). Elle craint que ces nouveaux directeurs-adjoints ne soient plus en mesure de faire un encadrement aussi proche en raison d'un nombre important de classes à gérer. Enfin, elle regrette la restriction aux savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) comme unique objectif d'éducation au détriment de la culture générale que peut aussi apporter l'école.

L’équipe APIE reste à votre écoute pour relayer votre parole auprès de l’école.
apie.escalquens@gmail.com